Amélie Nothomb est un cas dans l'édition. Qu'elle déchaîne la critique qui ne voit souvent que vacuité dans ses romans, quoi de plus normal. Surtout pour une romancière qui a l'heur de plaire au public. Non, ce qui surprend, c'est l'intérêt que lui portent les jurys de prix littéraires. La romancière belge n'a-t-elle pas déjà remporté le prix de l'Académie française pour Stupeur et tremblements (1999) et le Goncourt des lycées pour Métaphysique des tubes (2000) ?
Aujourd'hui, c'est son dernier Journal d'Hirondelle qui figure dans la première liste des « goncourables ». Un honneur pour celle qui estime que « le plus important pour un écrivain est d'avoir des lecteurs ». Car même lorsqu'ils déçoivent, les romans d'Amélie Nothomb figurent inexorablement en tête des meilleures ventes. Interrogé à ce sujet par Lire, Julien Laparade, libraire, explique : «Avec n'importe quel autre auteur, quand il déçoit une fois son public, celui-ci ne revient jamais, mais avec Amélie Nothomb, c'est différent. Elle sait tellement se renouveler (...) »
Cette fois encore, Journal d'Hirondelle frappe par son originalité. Un tueur, qui ne ressent plus rien, se met en quête de nouvelles sensations. Le point de vue, par son côté anodin et sa légèreté de ton, est d'autant plus intrigant qu'Amélie Nothomb prétend avoir écrit une « histoire d'amour ».
C. S.