
Les agresseurs présumés de Bruno Wiel, un homosexuel de 28 ans, ont été mis en examen et écroués il y a quelques jours
Les agresseurs présumés de Bruno Wiel, un homosexuel de 28 ans retrouvé nu et le corps couvert d'ecchymoses le 21 juillet à Vitry-sur-Seine (Val-de-Marne), ont été mis en examen et écroués il y a quelques jours. Agés entre 20 et 22 ans, les trois suspects ont été interpellés à Thiais. Ils auraient enlevé Bruno Wiel le 20 juillet dans le quartier du Marais à Paris, dans le but de le voler, et se seraient ensuite déchaînés sur lui en raison de son homosexualité, avant de l'abandonner dans un parc. La victime avait été plongée, durant un mois, dans un coma artificiel dont il est sorti. Mais les médecins réservent toujours leur pronostic.
Dans le quartier du Marais, on reconnaît que « le pédé reste une cible facile ». Mais, « à part les insultes que des p'tits jeunes de banlieue croient malin de nous lancer trois fois par an, y'a rien à signaler », estime un vendeur. Pour beaucoup, le quartier représente même une « zone protégée ». SOS Homophobie affirme cependant que cent trente et un cas d'homophobie lui ont été signalés en 2005. Six fois plus qu'en 2000. Des associations, comme Flag ! (policiers gays et lesbiens) ont rappellé hier certaines consignes de sécurité lors de rencontres sur Internet, notamment. « Au premier rendez-vous, préférez un lieu public, ne donnez jamais votre téléphone. »
Pour Caroline Mécary, avocate pour SOS Homophobie, il est toutefois difficile d'affirmer que les actes homophobes augmentent. « Peut-être que les victimes les dénoncent plus facilement. » Et, dans certaines affaires, le caractère homophobe « n'est pas toujours évident à établir, poursuit l'avocate. C'est parole contre parole, souvent il n'y a pas de témoin. Mais, quand il y a doute, je serais favorable à retenir systématiquement, pour l'instruction, la circonstance aggravante de l'homophobie, quitte à la retirer par la suite, si elle n'est pas avérée. »
En revanche, l'avocate est frappée par le « déploiement de violence » dans ce type d'affaires. « Régulièrement, la victime se fait tabasser le visage. Il y a comme une volonté de détruire l'identité de l'autre », s'indigne Caroline Mécary. Les agresseurs de Bruno Wiel s'étaient eux aussi acharnés sur son visage.
Mickaël Bosredon, Laure de Charette
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publié le : 10-02-2010 06:55