Implantation de studios américains près de Toulouse: l'Etat rejette le projet

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Publié le 5 décembre 2012.

L'Etat a rejeté mardi le projet, jugé insuffisant, d'un petit entrepreneur toulousain, Bruno Granja, de créer, avec le géant américain Raleigh, les plus vastes studios de cinéma de France sur une ancienne base aérienne militaire près de Toulouse.

La préfecture de Haute-Garonne examinait mardi la recevabilité des offres déposées à la fin novembre en vue de créer d'une part une implantation "à caractère économique et culturel" sur 25 hectares de l'ancienne base de Francazal, et d'autre part de réaliser un investissement à caractère économique et industriel sur 13 hectares.

Les services de l'Etat ont écarté d'un revers de main les deux candidatures reçues sur le plus petit des lots, et celle d'un rival non identifié de M. Granja pour le dossier principal.

Quant à la proposition de M. Granja, la seule nommée dans un communiqué du préfet, sous le nom des "Studios Toulouse Francazal", elle s'attire une série d'appréciations sans concession.

Ce dossier "ne répond pas à certains critères essentiels prévus dans l'avis d'appel à candidature", indique la préfecture.

Le prix proposé est "notablement inférieur" à l'estimation des Domaines, "les modalités de paiement ne correspondent pas au cahier des charges", et le "candidat subordonne son offre à certaines conditions suspensives qui n'étaient pas prévues", dit-elle.

"La structure qui se porte acquéreur n'a pas la taille financière compatible avec l'ampleur du projet, et aucun engagement ferme de partenariat n'est apporté", affirme-t-elle.

Raleigh a marqué son intérêt pour le projet à l'été 2011. Son vice-président, Mark Rosenthal, venu à Toulouse la semaine passée, se disait "absolument convaincu du potentiel de cette opération".

La préfecture, en doutant pourtant de la fermeté de l'engagement américain, fait écho au scepticisme des professionnels français de l'industrie du cinéma, sur la faisabilité du projet.

M. Granja rêve depuis des mois de fonder à Francazal les plus grands studios de France avec le concours de Raleigh, qui revendique le rang de premier exploitant de studios de cinéma indépendants aux Etats-Unis où il prépare le tournage des suites 2 et 3 d'"Avatar".

Les studios créeraient 5.000 emplois directs, grâce à l'implantation de neuf plateaux couverts, d'un plateau extérieur de deux hectares, et de tous les services dont ils ont besoin pour le cinéma ou la télévision. Le tout pour un investissement évalué à 80 millions d'euros en bâtiments, selon M. Granja.

Thierry de Segonzac, président de la Fédération des industries du cinéma (Ficam), a parlé d'un projet "saugrenu".

Les détracteurs invoquent en particulier la sous-occupation des plateaux de tournage français auxquels sont encore venus s'ajouter récemment ceux de la "Cité du cinéma" ouverte par Luc Besson en Seine-Saint-Denis.

La préfecture a annoncé que face à ces offres infructueuses, "les cessions feront l'objet ultérieurement de nouveaux appels à la concurrence".

Bruno Granja, interrogé par l'AFP, espérait cependant encore mardi soir "discuter avec les services de l'Etat, pour voir si un accord amiable est encore possible".

"On peut remodeler l'offre, on laisse la porte ouverte à une discussion sur les modalités de paiement", a-t-il ajouté.

En tout état de cause, Bruno Granja souligne qu'il "n'est pas question d'abandonner: s'il faut redéposer une offre, on le fera".

© 2012 AFP
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