Digne d'un brouhaha de salle de classe. D'un côté, le ministre de l'Education nationale, Gilles de Robien, annonce solennellement la fin de la méthode globale d'apprentissage de la lecture en France à compter de lundi, jour de la rentrée 2006 de 785 000 écoliers en CP. De l'autre, les syndicats d'enseignants, d'inspecteurs et même certains éditeurs de livres scolaires qui, en réponse, ironisent. « Plus personne n'utilise la méthode globale pure depuis quinze ans », assure Marie-Noëlle Audigier, directrice générale de Hatier. L'éditeur n'a même pas jugé bon de modifier ses manuels pour cette rentrée.
En réalité, c'est une méthode mixte qui est utilisée dans les salles de classe. Une combinaison entre méthode globale (fondée sur la photographie de mots entiers) et méthode syllabique (fondée sur le déchiffrage des lettres), dont le ministre réclame la généralisation. « Avec les méthodes globales ou semi-globales, 20 % des enfants ne savent pas lire quand ils arrivent en sixième », argumente Gilles de Robien. Aux Etats-Unis, au Royaume-Uni ou en Allemagne, la méthode syllabique est reine et rencontre le succès, soulignent également ses partisans.
Même si l'enseignement ne fait pas tout, l'environnement familial demeurant capital, de nombreux parents d'élèves ont tranché le débat. Chaque année, entre 70 000 et 110 000 exemplaires de la Méthode Boscher (éd. Belin) sont écoulés. Mathurin Boscher est l'inventeur de la méthode syllabique.
Stéphane Colineau