Daniel H. Wilson: «Je n’aurais jamais rêvé que Spielberg adapte mon "Robopocalypse"»

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Publié le 22 novembre 2012.

INTERVIEW – Son roman «Robocalypse» va être adapté au cinéma par Steven Spielberg. Le roboticien Daniel H. Wilson raconte les liens entre technologue et science-fiction…

Le roboticien américain Daniel H. Wilson, 34 ans, cultive un intérêt tel pour les robots qu’il s’est mis à écrire des ouvrages à leur sujet, en commençant par l’humoristique Survivre à une invasion robot. Depuis, son thriller Robopocalypse (Fleuve Noir), qui vient d’être publié en France, va faire l’objet d’un long-métrage réalisé par Steven Spielberg. Il travaille actuellement sur Robogenesis, roman qu’il achèvera début 2013.

Quand vous êtes-vous intéressé aux robots?

J’ai étudié la science des ordinateurs. J’ai fréquenté des centres de recherche qui travaillaient sur l’intelligence artificielle. On programmait des ordinateurs pour qu’ils apprennent par eux-mêmes. Cela m’excitait car c’était au croisement de la science et de la science-fiction. Ce sont des moments où on a l’impression d’être le docteur Frankenstein! Quand on allume une machine et qu’elle se débrouille toute seule. Et puis les robots sont une des bases de la science-fiction. 

Pourquoi les robots sont menaçants dans vos livres?

Parce que les robots tueurs sont sexy (rires). Non, ils permettent davantage de tension et d’écrire des meilleures histoires. Mais j’ai des sentiments partagés sur le fait d’écrire des histoires où les robots sont les méchants, parce que j’adore les robots. Quand j’ai écrit Survivre à une invasion robot, c’était davantage pour me moquer de tous ces films où les robots tuent des gens. Puis j’ai rejoint le côté obscur. Avec Robopocalypse, j’ai essayé de représenter l’échec d’une relation, complexe, entre des êtres humains et une technologie.

Vous êtes ravi que Spielberg l’adapte?

Oui, et je me réjouis que l’actrice Anne Hathaway ait officiellement rejoint l’équipe, comme elle a l’a déclaré récemment au magazine Empire. Je n’aurais jamais rêvé que Spielberg adapte mon roman. J’imagine qu’il a apprécié le style visuel d’écriture, le haut degré de réalisme et les scènes de guerre contemporaine.

L’art et la pop culture peuvent-ils façonner la technologie des robots?

Oui, totalement.  Les scientifiques sont vraiment des nerds. A l’université, tout le monde est inspiré par la science-fiction, à travers les films, les séries et les romans. La pop culture influe totalement sur les avancées technologiques, parce qu’elle donne aux gens une vision du futur, qu’ils peuvent soit réaliser, soit éviter. On peut être inspiré par la manière de marcher du Terminator, mais sans sa Gatling!

Pourquoi selon vous les robots font-ils peur?

C’est inscrit dans l’arrière-plan culturel de l’Occident. Car au Japon, c’est tout à fait différent. Le premier robot a été créé en 1945, c’est Unimate, un bras programmé utilisé pour construire des voitures. Mais avant, ils étaient tous méchants, volaient les femmes et partaient dans l’espace avec! Et puis les androïdes peuvent mettre mal à l’aise. Les robots ne respirent pas, ne clignent pas des paupières et bougent bizarrement.  Nous les êtres humains, interprétons cela comme des signes de maladie. C’est l’effet de la Vallée dérangeante, qui a été ressenti au cinéma, par exemple avec le Pôle Express de Zemeckis.

Recueilli par Joël Métreau
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