La mobilisation s'organise autour des quarante-neuf sans-papiers interpellés jeudi et vendredi au squat de Cachan (Val-de-Marne), dont la plupart ont atterri en centre de rétention. Les associations n'ont qu'une idée en tête : « Faire en sorte de ne perdre la trace de personne et les informer de leurs droits », explique la Cimade, seule association habilitée à entrer dans les centres. Vingt-neuf personnes ont été conduites au Mesnil-Amelot (Seine-et-Marne). Deux d'entre elles ont été libérées rapidement, et les vingt-sept autres sont passées devant un juge des libertés ce week-end. Il a prononcé deux assignations à domicile et une libération, mais le parquet a fait un appel, suspensif, de cette décision, auditionné hier par la cour d'appel de Paris. Le jugement était inconnu hier soir.
Parallèlement, huit hommes ont été conduits au centre de Vincennes (Val-de-Marne), et deux femmes au dépôt de l'Ile de la Cité, à Paris. Le juge des libertés a prononcé la libération de quatre d'entre eux, mais le parquet a fait appel sur deux cas. Le juge a confirmé leur remise en liberté hier après-midi. Les dix sans-papiers restants, qui devaient aller à Bobigny (Seine-Saint-Denis), « seraient à Vincennes », croit savoir la Cimade, qui peine à retrouver leur trace.
Une quinzaine d'avocats assurent gratuitement leur défense. Vanina Rochiccinoli, présidente de l'association Avocats pour la défense des droits des étrangers, plaide pour que « d'autres bénévoles nous rejoignent, pour que le mouvement ne s'essouffle pas ». Le syndicat des avocats de France est également mobilisé, « mais on ne peut intervenir que si les sans-papiers font appel à nous », précise l'avocate. Magali Gruet