«Là, je vous parle, il y a un superbe soleil et il fait plus de 30 °C. » Que le climat soit agréable à Funchal, principale ville de l'île portugaise de Madère, on le savait. On a plutôt demandé Romain Salin, ancien gardien de Libourne (2006-2007) et désormais portier du Maritimo, adversaire des Girondins en Ligue Europa jeudi, de nous raconter comment se vivait le ballon rond là où est né Cristiano Ronaldo. Morceaux choisis.
Le Maritimo. « On est les petits. C'est la première fois que le club parvient à disputer les poules de la Ligue Europa. Avec le Nacional, l'autre club de Madère, on fait partie des clubs corrects du Portugal derrière les grosses écuries comme Porto, Benfica, le Sporting Lisbonne... Comme dans beaucoup d'équipes portugaises, il y a plusieurs Brésiliens. Avec eux, qu'on gagne ou qu'on perde un match, c'est Dieu qui est derrière le résultat. C'est bien de s'assurer qu'il soit avec nous mais il faut parler tactique parfois (rires). »
Le club. « On a un super centre d'entraînement. Le problème, c'est le stade [l'Estadio dos Barreiros]. La crise économique a arrêté les travaux de rénovation, on n'a qu'une tribune sur quatre ouverte. Quand on nous regarde à la télévision, on dirait que l'on joue nos matchs à huis-clos. Au moins, on n'a pas de souci pour communiquer entre nous et on ne peut pas dire à l'entraîneur que l'on n'a pas entendu ses consignes. »
Le football à Madère. « Il y a une grosse rivalité entre le Maritimo et le Nacional Madère. Même si on connaît des gens de l'autre club, on évite d'aller dans les tribunes du Nacional. Les gens du cru ont la mentalisé insulaire, un peu comme des Corses. Les fans ont une haine viscérale de l'autre équipe. Maritimo, c'est plutôt le club du peuple avec une histoire très forte. Footballistiquement, les gros événements restent la venue du FC Porto et de Benfica. Je me sens bien ici, je suis dans des conditions paradisiaques tout en gagnant plus d'argent qu'en Ligue 2. Quand je suis parti au Portugal, beaucoup de personnes m'ont dit que ça serait impossible de revenir jouer en France ensuite. J'espère quand même pouvoir le faire à un moment donné. »