Des dizaines de famille ont regagné Cachan jeudi soir et vendredi pour camper devant le squat
Le séjour à l’hôtel aura été de courte de durée. Des dizaines de famille ont regagné Cachan jeudi soir et vendredi pour camper devant le squat qui leur a tenu lieu d’habitation pendant plusieurs années. « Il n’y a plus personne à l’hôtel d’Orly », affirme Félix, le représentant des squatters du bâtiment F. Une information non confirmée par la direction de l’hôtel, qui estime que la « clientèle » est libre de ses déplacements dans la journée. Les résidents n’auront peut-être pas d’autre choix que de réintégrer leur chambre ce soir, « la préfecture prévoyant de les déloger », selon Pablo Krasnopolsky, du Réseau éducation sans frontières.
Parmi les raisons qui ont poussé les familles à dormir dehors, figure en premier lieu la nourriture : « On ne nous a rien donné à manger, déplore un couple originaire du Mali, parent d’un petit garçon. Sinon, il fallait payer 9 euros. » A Cachan, les associations fournissent des repas et du lait pour les enfants, ainsi que des couches et des duvets. Autre motif, l’éloignement : le prix du ticket de RER entre Orly et Arcueil-Cachan s’élève à 8,45 euros. « Comment voulez-vous qu’on paye tout ça alors qu’on n'a pas d’argent », s’agace un ancien squatter. Enfin, les familles refusent de cautionner « la précarité de ce relogement ». Il est prévu que les sans-papiers soient hébergés dix jours et les autres un mois. Selon Félix, «des interpellations auraient continué à avoir lieu dans un des hôtels vendredi matin. Ils ne se sentent pas en sécurité et préfèrent se regrouper et être entourés par les associations. »
Les grandes bâches bleues qui abritent le campement sont ballottées par le vent et tout le monde attend dans l’angoisse d’une nouvelle expulsion. Il faut dire que les conditions ne seront pas tenables longtemps : il n'y a pas de toilettes, et la pluie menace à tout moment. Tous espèrent obtenir rapidement un logement social et une régularisation. Mais la lucidité prend parfois le pas sur l’espoir : « Je serai sans doute obligée de loger dans un foyer », reconnaît une mère de famille. En attendant mieux, un jour.
Catherine Fournier