Obama-Romney: Les enjeux du débat présidentiel

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Publié le 3 octobre 2012.

ETATS-UNIS - Mercredi, la première des trois confrontations entre les candidats est l'une des dernières opportunités pour Mitt Romney d'inverser la tendance...

Barack Obama vs Mitt Romney, round 1. Après des mois de combat à distance, des dizaines de spots publicitaires et une vidéo en caméra cachée, les deux adversaires vont passer au mano à mano, mercredi, avec le premier des trois débats présidentiels précédant l'élection du 6 novembre. Où en est la course aujourd'hui? Qui a le plus à perdre mercredi? Le point sur les enjeux.

>> Le débat à suivre en direct sur 20 Minutes à partir de 3 heures dans la nuit de mercredi à jeudi

 

Romney à l'offensive

 

Le candidat républicain a connu un mauvais mois de septembre. Alors qu'il avait recollé dans les sondages, il n'a pas saisi l'opportunité de la convention pour affirmer son projet. Le discours ultra-précis de Bill Clinton quelques jours plus tard a fait mal, et Romney a enchaîné par un but contre son camp avec son attaque filmée en caméra cachée contre les «47%» d'électeurs vivant aux crochets de l'Etat providence.

 

Du coup, il accuse désormais un retard de 3.5 points et la carte électorale se complique chaque jour un peu plus. Au point que de plusieurs voix conservatrices ont attaqué une campagne «médiocre», Joe Scarborough estimant même qu'il était «temps de paniquer».

 

Comment Romney peut-il inverser la tendance? Selon le vétéran Robert Shrum, il va devoir livrer «la performance de sa vie». Il devrait marteler son message sur l'économie et demander aux électeurs: «Etes-vous dans une meilleure situation» qu'il y a quatre ans. Il aura aussi besoin de quelques tirades mémorables et devra déstabiliser Obama, estime Shrum.

 

Obama face à son bilan

 

«Si je n'arrive pas à améliorer la situation économique d'ici 3 ans, je ne serai qu'un président d'un mandat», déclarait Obama en 2009. A 8,1%, le taux de chômage reste plus élevé qu'à sa prise de fonctions. Plus élevé, aussi, que les 7,4% sous Reagan, qui étaient jusqu'ici le chiffre le plus haut ayant permis à un sortant d'être réélu.

 

Comme le résume le républicain Karl Rove, l'ennemi n°1 d'Obama, c'est son bilan, avec une reprise atone malgré les 5.000 milliards de dollars ajoutés à la dette. Malgré les promesses d'espoir et de changement, le climat ultra-partisan n'a pas changé à Washington, et le dialogue avec le monde musulman, entamé par le président lors de son discours du Caire, n'a pas porté ses fruits.

 

Naïf, Obama? Il balaie ces accusations. «Quand j'ai promis le changement, je n'ai pas promis le changement en un jour», a-t-il lancé à ses supporteurs mi-septembre.

 

D'après son équipe de campagne, il s'est entraîné dans des débats à blanc face à John Kerry jouant Romney, en tentant d'anticiper toutes les attaques contre son bilan. Alors que Romney a enchaîné plus de 20 débats lors des primaires républicaines, le président, jugé favori par l'opinion, pourrait bien être rouillé.

 

Un débat peut-il changer la donne?

 

Les experts sont partagés. «Contrairement aux idées reçues, les chercheurs qui ont passé les chiffres à la moulinette n'ont pas vu d'impact réel des débats» sur les indécis, affirme John Sides, de l'université de Washington. Selon lui, les débats ne font que renforcer les tendances.

 

Il cite notamment la remontée de Ronald Reagan face à Jimmy Carter, entamée dès le printemps et pas dans la dernière ligne droite comme les républicains le répètent souvent.

 

Malgré tout, l'impression générale des candidats peut rester dans les mémoires. Le «cool» de JFK face à la nervosité de Nixon, le «there you go again» moqueur de Reagan contre Carter ou encore sa tirade «Je refuse de faire de l'âge un problème, je n'utiliserai pas la jeunesse et l'inexpérience de mon adversaire à des fins politiques» sont entrés dans la légende. Tout comme George Bush père regardant sa montre ou Al Gore soupirant. Parfois, dans un débat, il n'y a pas besoin de parler pour perdre gros.

 

Philippe Berry

Où suivre le débat?

Nous le couvrirons en live-blog dès 3h00 du matin pour les insomniaques et les expatriés. Pour la première fois, il sera également accessible en direct partout dans le monde sur YouTube, grâce à ABC News.

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