Roland-Garros 2013: Simon-Federer (1-6, 6-4, 6-2, 2-6, 3-6) à revivre en live comme-à-la-maison

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Publié le 27 septembre 2012.

INTERVIEW - Pendant la crise, beaucoup (re)découvrent l'entraide entre voisins et la vie de quartier. D'autres vont plus loin en créant des monnaies locales ou des clubs de troc. Pour soutenir ces initiatives, l'association TAOA (There Are Other Alternatives) a vu le jour il y a deux ans. Le but: aider au développement de ces nouvelles monnaies, mais aussi peser dans le système économique moderne. Pour en savoir plus, nous avons rencontré Matthieu Vachez, cofondateur de l'association...

Peut-on vivre sans argent?

Je ne pense pas que la question se pose comme ça. On a besoin de la monnaie: elle permet de fixer une valeur, d’échanger… C’est important. Le problème, c’est ce qu’elle est devenue: un outil avant tout de spéculation. Aujourd’hui, il faut la remettre au service de l’homme et de la nature, et trouver d’autres systèmes de «monnaies» qui permettront de combler les imperfections de l’euro,  de mieux répondre aux besoins des gens, et d’amortir les chocs en cas de crise. N’avoir que l’euro, c’est un peu dommage.

Quelles sont les autres options?

Nous comptons trois catégories de monnaies sociales et complémentaires: les clubs de trocs, où l’on échange des biens et des services sans avoir recours à l’argent (les échanges sont comptabilisés en temps ou en points au sein d’une même association); les monnaies locales et complémentaires, garanties à la banque, et qui permettent de consommer social et solidaire au sein d’une zone définie (un quartier, une ville, une région…); et enfin le «barter», du troc inter-entreprises.

Quels sont les avantages de ces systèmes, selon vous?

Ils sont multiples. Dans un club de troc, par exemple, si 1h de ménage équivaut à 1h de jardinage, c’est un moyen efficace d’écraser les différences et de revaloriser les compétences de chacun. On pousse  les gens à se poser des questions: Quelle est la valeur de mon travail? Qu’est ce qui a de la valeur pour moi? Quelles règles appliquer? Ils deviennent acteurs. Les monnaies locales, elles, leur permettent de se réapproprier des sujets complexes comme la création monétaire.  Et également de développer un quartier: puisque «l’argent» ne peut pas sortir de la zone, il ne pourra être dépensé que chez l’agriculteur, l’artisan, le commerçant du coin. L’intérêt non dit, c’est aussi de réorienter des capitaux vers une autre économie, une économie plus sociale et solidaire. Par ma consommation, je décide quelle économie j’ai envie de soutenir. Passer de consommateur, à consommaCteur.

Les monnaies locales sont pourtant très liées à l’euro et au système classique…

Oui, sauf qu’on ne peut pas les épargner ou spéculer dessus. Elles circulent beaucoup plus. Si l’on a changé son argent en Abeille (monnaie de Villeneuve-sur-Lot) ou en Occitan (monnaie de Pézenas), on peut le récupérer en euros à tout moment. Et les commerçants partenaires intègrent les «nouveaux» billets qu’ils reçoivent dans leur trésorerie et les déclarent au même titre que des euros.

Ces projets sont-ils toujours associatifs?

En grande majorité, oui, ils sont portés par des associations mais mobilisent de nombreux acteurs: citoyens, commerçants, banques, pouvoirs publics. L’avantage, c’est aussi de réunir des personnes qui ne travaillent pas forcément ensemble autour d’un projet commun, et pour le bien d’un territoire. Beaucoup de mairies ont compris l’intérêt de ces monnaies pour développer l’économie locale, mais pas seulement. A Grenoble, par exemple, dans le quartier de La Villeneuve, la mairie dépensait des sommes importantes pour évacuer les encombrants que les habitants jetaient n’importe où. L’association SOL Alpin, propose depuis septembre 2012, en accord avec les habitants, la mairie, les bailleurs sociaux, les entreprises solidaires de récompenser ceux qui emmènent eux-mêmes leurs déchets. Un passeport éco-citoyen qui gratifie les gestes d’apport volontaire en déchèterie permet de bénéficier de réductions à la bibliothèque, piscine, épicerie solidaire, même d’obtenir une réduction sur son loyer. Pas mal, non?

On a vu plusieurs monnaies locales se développer en France ces dernières années. Où en est-on aujourd’hui?

Il y a beaucoup de dynamisme autour de ces monnaies. Il faut dire que le sujet arrive au bon moment: c’est la crise, les gens ont compris que le système financier ne fonctionnait plus et ont envie d’autre chose. Plusieurs monnaies ont vu le jour ou naissent en ce moment même en Ardèche (c’était un moyen de ressouder les populations, de réveiller l’entraide), et dans des villes comme Grenoble, Toulouse, Lyon, Nantes, Rennes… De manière générale, l’Europe est assez moteur dans ce domaine, même si c’est le Canada qui a lancé les premiers Sel (Systèmes d’échange locaux).

Quel avenir pour ces monnaies?

Ce qui manque, selon moi, c’est l’aspect technologique : payer via le téléphone, échanger des minutes, ou de la monnaie. Ça permettrait de donner accès aux services financiers pour des gens isolés dans des villages d’Amérique centrale ou d’Afrique. Le téléphone est un outil aujourd’hui universel et des monnaies dématérialisées ont déjà cours dans de nombreux pays africains sous forme de minutes de communication, voire de monnaie réelle. Aujourd’hui, c’est un sujet ‘petit public’, mais je pense que tout cela se développera que ce soit des projets citoyens, à petite échelle comme de projets plus importants, pérennes, financés. Il y a beaucoup à faire autour des entreprises aussi, pour limiter leur recours aux crédits: échanger sans avoir recours à l’argent, en valorisant du temps machine non utilisé ou des stocks dormants. La monnaie sert alors à mettre en relation des ressources non utilisées avec des besoins non exprimés.

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Delphine Rabasté
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