Mitt Romney n'a pas encore course perdue. Mais sa mission se complique un peu plus à mesure que les semaines passent et que Barack Obama continue de faire la course en tête, à un peu plus d'un mois de la présidentielle.
Les sondages nationaux
Comme le montre la moyenne des études agrégées par RealClearPolitics, après avoir recollé fin août, Mitt Romney décroche en septembre. Selon Nate Silver, expert statistiques du New York Times, le rebond post-convention de Barack Obama semble durer: trois semaines plus tard, il compte 3,8 points d'avance sur son rival républicain dans les sondages nationaux.
Surtout, les courses passées ne donnent pas beaucoup d'espoirs à Mitt Romney. Depuis les années 50, seuls deux présidents sortants n'ont pas été réélus: George Bush père face à Bill Clinton et Jimmy Carter face à Ronald Reagan (Gerald Ford, devenu président après la démission de Nixon, ne compte pas vraiment). Lundi, Paul Ryan a encore comparé la course actuelle à celle de 1980 entre Carter et Reagan, notant que le républicain était à la traîne dans les sondages avant de coiffer son adversaire au poteau. C'était vrai dans les études du printemps mais Reagan avait pris la tête dès la fin mai, profitant notamment d'une économie catastrophique et de la crise des otages en Iran. De tous les candidats devant fin septembre, seul Al Gore a fini par s'incliner d'un cheveu.
Les études nationales ne donnent que de grandes tendances. Ce qui compte vraiment, c'est la course Etat par Etat, avec le but d'arriver au chiffre magique de 270 grands électeurs. En 2008, Obama en avait obtenu 365 contre 173 à John McCain. Mitt Romney doit donc mathématiquement «piquer» au moins six Etats à son adversaire, expliquait l'ancien conseiller de George W. Bush, Karl Rove, en mai dernier, en dévoilant sa stratégie 3-2-1.
Déjà compliqué à l'époque, le scénario semble aujourd’hui, à moins d'un changement brutal, presque mission impossible:
Une défaite en Virginie ou dans l'Ohio obligerait Romney à remporter au moins deux autres Etats pour compenser, ce que beaucoup d'experts républicains jugent hors d'atteinte. Ce n'est pas pour rien que le candidat se trouvait près de Cleveland, mardi, et qu'il se rendra dans la région plus que dans n'importe quel autre Etat. Depuis 1856, aucun républicain n'a remporté l'élection sans l'Ohio. Pour inverser la tendance, Romney n'a plus beaucoup de cartouches. La principale, ce sera le 3 octobre lors du premier des trois débats entre les deux candidats.