Mitt Romney: Une caméra cachée embarrasse le clan républicain

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Publié le 18 septembre 2012.

ETATS-UNIS - Lors d'un dîner privé, il a expliqué que les «47% d'Américains» ne payant pas d'impôt sur le revenu «croient qu'ils sont des victimes»...

De notre correspondant

Les républicains s'opposent souvent à la politique d'assistanat de l'Etat providence, mais ils le font rarement dans des termes aussi candides que Mitt Romney. Lundi, le site (de gauche) Mother Jones a publié plusieurs vidéos filmées en caméra cachée le 17 mai dernier. Lors d'un dîner pour lever des fonds, le candidat républicain parle de l'électorat de Barack Obama. Et pourrait bien avoir un peu plus compromis ses chances, alors qu'il accuse 3 points de retard dans les sondages.

«Choquant», selon la campagne d'Obama

«Il y a 47% de gens qui sont avec lui, qui dépendent du gouvernement, qui croient être des victimes, qui pensent que l'Etat a la responsabilité de s'occuper d'eux, de leur fournir une couverture maladie, de la nourriture, un logement. Que c'est un droit. Et ils voteront toujours pour ce président. Ce sont les personnes qui ne paient pas d'impôt sur le revenu», explique Romney, qui ignore alors qu'il est filmé. Il enfonce le clou: «Mon job n'est pas de m'inquiéter de ces gens. Je ne les convaincrai jamais de prendre leurs responsabilités et leur vie en main.»

Alors que les réseaux  sociaux se sont aussitôt emparés de l'affaire, l'équipe d'Obama n'a pas mis longtemps à réagir. «C'est difficile d'être le président de tous les Américains quand on se met à dos avec dédain la moitié de la nation», ironise son directeur de campagne, Jim Messina, qualifiant les propos de Romney de «choquants».

Le candidat républicain a tenté de limiter la casse, expliquant via un communiqué: «Mitt Romney veut aider tous les Américains en difficulté dans l'économie Obama. Le gouverneur s'inquiète du nombre grandissant de personnes sous food stamps (des bons pour acheter de la nourriture, ndr), qu'un Américain sur six vive sous le seuil de pauvreté et que 23 millions d'Américains luttent pour trouver du travail.» Dans une conférence de presse improvisée, Mitt Romney a reconnu qu'il n'avait pas «élégamment formulé» ses propos.

Le «mythe» des 47%

Sur CNN, le stratégiste démocrate Paul Begala a attaqué le «mythe» des 47%, un chiffre souvent avancé par les républicains. Mais il ne s'agit que d'une seule partie de l'impôt sur le revenu. «Cela ne signifie pas que la moitié des Américains ne paient pas d'impôts», explique-t-il. En effet, de nombreuses salariés paient un impôt à la source (payroll taxes, ndr), ou encore une taxe d'habitation, des impôts locaux et une forme US de la TVA. Selon Begala, «une portion non négligeable» des 47% est encore constituée par des retraités «qui ont déjà contribué pendant leur carrière». Ezra Klein, du Washington Post, explique encore que le pourcentage d'Américains ne payant pas d'impôts n'est en fait que de 17%, et qu'il s'agit pour la plupart de retraités et de chômeurs.

Sur Twitter, de nombreux internautes ont relevé l'ironie de la situation. Selon ses deux déclarations publiées, Mitt Romney ne paie que 15% d'impôts –soit près de deux fois moins que le taux moyen du contribuable américain– car l'essentiel de ses revenus provient de transactions financières. «Le type qui ne paie pas grand chose sur des millions de dollars estime que vous êtes des parasites», raille LOLGOP.

Il est trop tôt pour mesurer l'impact de la vidéo. Côté conservateur, Erick Erickson estime que si Romney «assume pleinement», il pourrait en tirer parti car «une majorité d'Américains pensent que le gouvernement en fait trop». D'autres, en revanche, sont plus alarmistes. «Il est temps de paniquer», écrivait William Kristol, du Weekly Standard, lundi matin. Avant que la vidéo ne soit publiée sur Internet.

Philippe Berry
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