Gonzales: «Sans le piano, je serais juste un clown»

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Publié le 16 septembre 2012.

INTERVIEW - Huit ans après Piano Solo, Gonzales revient avec un opus 2 de l’album qui lui a valu son plus grand succès. Une ironie que l’entertainer pop analyse avec lucidité...

Enregistrer un deuxième Piano Solo, c’était naturel pour vous?

Avec moi, rien n’est jamais vraiment naturel. J’attends toujours de sentir l’air du temps, le «perfect storm». Quand j’ai fait l’album de rap orchestral, personne ne me demandait ça. Là, j’ai voulu faire le contrepoids après plusieurs projets hype. Je savais que j’avais cette carte à jouer.

Quelle place a le piano dans votre vie?

Tout le reste de ma musique n’existe pas sans le piano. Sans le piano, je serais juste un clown. Ces dernières années, je suis devenu un spécialiste du piano. Quand on m’appelle pour une participation, c’est presque toujours pour ça maintenant. Je ne fais presque plus de production d’albums, à part pour Feist qui est un peu ma petite sœur.

Vous avez passé deux semaines seul en studio pour enregistrer cet album. Etait-ce laborieux?

Pas du tout, au contraire. Dans mes autres albums, j’ai toujours eu besoin de forcer les choses parce que je devais emmener d’autres gens avec moi. Ici, c’est une musique de solitude et de simplicité, chaque morceau est une photographie. Je voulais une musique pure mais quand même pop. Il y a très peu de choses comme ça dans la musique actuelle. Pourtant, je ressens que les gens attendent de la musique comme celle-ci, avec des mélodies et des idées.

Par rapport au premier opus, celui-ci semble plus abouti, plus sombre aussi.

En 2004, j’étais plus naïf, je redécouvrais le piano. Là, ce sont des morceaux que j’accumule depuis plusieurs années, que j’ai composé par-ci par là.

Comment composez-vous?

J’attends. C’est un cliché mais j’ai l’impression que les morceaux s’écrivent tout seul. Ça m’arrive souvent quand je joue sur un nouveau piano, chez des amis ou en tournée. Je trouve une bribe de mélodie. Si je la garde en tête plusieurs jours, ça veut dire qu’il y a quelque choses à en faire. Après, je la joue des centaines des fois jusqu’à ce que mes doigts la connaissent par cœur et que ma tête puisse penser à autre chose.

Ça a l’air de prendre pas mal de temps...

Il faut ce processus de maturation pour éviter que le subconscient ne me joue un tour et ne m’inspire une vieille mélodie de mon enfance. Des fois, je trouve une mélodie et puis je me rends compte que «merde, c’est Chariots de feu» ou un truc d’Elton John. Le subconscient vous inspire toujours des trucs très lointains et honteux, liés à l’enfance.

Vous sentez-vous l’âme d’un soliste classique?

Je veux rester un musicien et un homme de mon temps. Je respecte les musiciens classiques mais je reste un entertainer.

Qu’est-ce qu’un entertainer?

Un musicien qui s’aime lui-même et qui a une volonté de communiquer avec son public, qui pense à lui. Je fais un effort particulier pour toucher les gens. Mes goûts musicaux personnels sont démodés, je ne fais donc pas cette musique-là. On ne vit pas dans un musée. Il n’y a pas de honte, de compromission ou de calcul avare. Un artiste a plusieurs facettes, à lui d’exploiter celle qui touchera le plus le public.

Et en cas de flop ?

Croire en l’infaillibilité de l’artiste est absurde. Moi-même il m’est arrivé de transgresser cette règle de l’entertainer. Piano Solo, c’est ma rédemption.

En exclusivité pour 20 Minutes, une vidéo de Gonzales au travail:

Benjamin Chapon
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