Négociations sur l'emploi: syndicats et patronat d'accord pour "avancer rapidement"

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Publié le 14 septembre 2012.

A défaut d'aborder les sujets qui fâchent, les partenaires sociaux se sont mis d'accord, vendredi, sur un calendrier "ambitieux" pour "avancer rapidement" la négociation sur la vaste et délicate réforme du marché du travail voulue par le gouvernement.

Le président François Hollande souhaite que syndicats et patronat trouvent un "compromis historique" d'ici à la fin d'année pour que le marché du travail soit à la fois "plus souple" pour les entreprises et "plus protecteur pour les salariés".

Les partenaires sociaux "répondent (au gouvernement) collectivement immédiatement présent", a souligné Benoît Roger-Vasselin (Medef) en insistant sur "l'urgence" de la situation.

"Ce calendrier montre que les partenaires sociaux veulent avancer rapidement", selon le n°2 de la CFDT, Laurent Berger.

Syndicats (CGT, CFDT, FO, CFTC, CFE-CGC) et patronat (Medef, CGPME, UPA) entreront dans le vif le 4 octobre. Ils se réuniront ensuite chaque semaine pour trouver les moyens d'arriver à une "meilleure sécurisation de l'emploi", objectif de la feuille de route que le gouvernement leur a fixée.

L'autre négociation, sur le projet de contrat de génération, démarrera dès le 21 septembre, comme celle sur la qualité de vie au travail. Egalement à un rythme hebdomadaire.

Le calendrier fixé, "tout reste à faire", la négociation sur le marché du travail "ne sera pas une négociation facile", a prévenu M. Berger (CFDT).

"Le champ de cette négociation est assez énorme, de la précarisation à la structure fondamentale du rapport entre un employeur et son employé", a souligné pour sa part Marie-Françoise Leflon (CFE-CGC), pour laquelle le rythme choisi "va peut-être permettre d'arriver" à un accord avant le 31 décembre.

Points d'accord et de blocage déjà identifiés

"Ca fait longtemps qu'on travaille à ce chantier. On a déjà identifié les points d'accord et de blocage entre nous", observe Joseph Thouvenel (CFTC).

Modulation des charges pour décourager le recours aux contrats précaires, recadrage des accords "compétitivité-emploi" défendus par Nicolas Sarkozy, refonte de la procédure des licenciements collectifs... Les sujets difficiles et qui divisent ne manquent pas parmi ceux fixés par le gouvernement.

Pour autant, le Medef affiche un réel optimisme. Dans le document d'orientation du gouvernement, "on parle bien d'adaptabilité, de souplesse, d'un certain nombre d'éléments qu'on souhaite depuis des années voir discutés", a relevé Bernard Bernasconi. Cet autre négociateur du Medef sent "une vraie opportunité d'avoir un accord global équilibré".

Pour pousser les partenaires sociaux à des concessions réciproques, le gouvernement leur demande de lui présenter un accord global n'écartant aucun des axes abordés dans la feuille de route, qui "n'est pas une shopping list".

La question d'une souplesse plus grande pour les entreprises fera sans conteste le plus débat. Elle ravive le clivage entre les syndicats les plus réformistes et les autres.

Alors que le seuil des trois millions de demandeurs d'emploi sans activité a été franchi cet été, "on n'a pas besoin de plus de liberté de licencier, c'est plutôt le contraire", a insisté Agnès Le Bot (CGT).

"Avec 40.000 chômeurs de plus en un mois, que le patronat ne nous dise pas que c'est dur de licencier. On nous parle de flexisécurité mais cela fait 30 ans que l'on fait de la flexibilité. Maintenant est venu le temps de la sécurité" des salariés, a prévenu Stéphane Lardy (FO) à sa sortie.

Pour FO, "le vrai enjeu si on veut garder les gens dans l'emploi, c'est pas les accords compétitivité-emploi", "c'est de développer le chômage partiel", estime-t-il. Et sur ce dossier, "on ne pourra attendre 4 mois".

© 2012 AFP
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